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    OUTFIT VELO

    Le Rapha #womens100

    Si tu es cycliste toi aussi, il y a des chances que tu connaisses Rapha. LA marque qui a remplacé les horribles fringues émaillées de messages publicitaires des cyclistes par des outfits stylés au look retrocool qui ne te donnent pas l’air stupide.

    Je les ai découverts relativement tard, il y a deux ans, quand je commençais le vélo et que je cherchais de quoi m’habiller en conséquence. J’ai vite compris l’engouement aussi. Mais là n’est pas le sujet.

    Rapha, en plus de faire de jolies fringues de vélo, organise tout un tas d’events pour sa communauté. Un peu comme Adidas et feu les Boost (rebaptisés depuis) mais en plus cool.

    rapha

    L’an dernier déjà j’avais lorgné sur le Rapha #womens100. Un groupe de filles dans plein de villes de France qui roulent 100 bornes ensemble. Top.

    Sauf que voilà. 50km à 20km/h me semblaient déjà une montagne. Alors 100 à 25… pfff

    Impossible.

    Cette année, quand j’ai vu passer sur Facebook l’annonce de la ride, je me suis posée la question un peu plus sérieusement. 100km, je l’ai fait deux fois. J’ai fait une fois un 80 km seule et plusieurs 90km aussi entre copains. Et sur du plat, je tiens 25-26km/h sur au moins 80 bornes.

    Alors zou. Je me suis inscrite et ai tenté de rameuter les copines.

    Ben oui, cette fois-ci je n’aurais pas les garçons qui me servent gentiment de babysitters sur mes sorties du dimanche et sur lesquels je sais que je peux compter à 200 %. C’est un ride de filles.

    Consciente que je n’avais pas du tout roulé depuis des mois, je suis partie avec l’Homme pour le week-end du 14 juillet histoire d’accumuler des bornes. On a fait plus de 85km le premier jour, tranquillement, sans stress.

    Le lendemain, on a tenté de faire le parcours du tri de Deauville. Sauf que personne ne m’avait prévenue que y avait un chouille de dénivelé dont une côte avec des passages à 15 % (la saint Laurent) PILE au départ de la map.

    Et là, le drame. Je peine à monter, je suis pas échauffée. L’Homme pense que je la finirai pas, il s’arrête au milieu pour m’attendre. Je le vois, je tente de m’arrêter aussi. Essai de déclipsage en côte et je tombe.
    Et paf, le genou droit. Comme en maternelle.

    Sauf qu’il nous restait 38km. Et que je suis sortie de là en me disant que je n’arriverai plus jamais à grimper. Avec un Homme plus si sûr de m’accompagner sur la SaintéLyon au vu de mes râleries.

    J-7: je commence à me poser des questions existentielles. Ai-je VRAIMENT le niveau pour suivre les filles ?

    J-5: la map arrive. Je l’examine sous toutes ses coutures. Elle fait 105km et plus de 1000m de dénivelé. Je scrute chaque segment à la loupe et les compare à ce que j’ai déjà pu faire. Je cherche les gares « au cas où ». Mon babysitter number 1 me dit « cherche pas, y en a pas, faudra que tu la finisses ».

    J-4: je lance un message désespéré pour que mes copines me rejoignent.

    J-3: je pose une question débile sur le groupe FB. Je me demande comment on va se ravitailler et s’il y a des pauses. Histoire de savoir si je dois scotcher mes barres à mon vélo, seule façon pour moi de manger dessus (maintenant ça y est ! j’arrive à les prendre dans mon maillot !!). J’ai vu sur un autre groupe qu’ils allaient s’arrêter tous les 25km, je tente ma chance.

    La réponse du groupe leader ne se fait pas tarder: « on fera des pauses oui, mais certainement pas tous les 25km ». Aie. Avec un bon smiley genre « toi le boulet, je t’ai repérée ». Aie bis.

    Mais concrètement, si c’est tous les 50km ça veut dire une seule pause quoi ? #mêmepaspeur

    J-2: je fais un truc con. Je regarde sur FB qui participe. GROSSE erreur. La plupart des filles ont une photo de profil avec leur casque sur la tête. L’autre moitié dirige un groupe de filles à vélo. Je veux PAS y aller.

    J-1: ma seule copine vaguement de mon niveau (et encore, suis sûre qu’elle est meilleure que moi), choppe une gastro et déclare forfait.
    #vdm

    D DAY.

    6h: quelle idée de se réveiller à 6h un DIMANCHE bordel pour aller à faire du vélo ?? parfois, je me dis que je serais mieux à glander dans mon canapé.

    7h: je prends le RER avec ma copine Caroline direction St germain en Laye. On rigole en se disant qu’on va être les seules à venir en RER. Mais 15km de plus, comment te dire  que je ne me voyais pas les faire ?

    8h30: j’ai bien fait de mettre des manches. Il fait ultra froid. Tout le monde caille. Les filles arrivent, la plupart sont rapha-isées de pied en cap. Ya pas à dire, c’est joli ce défilé de modèles. Elles ont toutes de chouettes vélos aussi. Je me sens bien. envie de mourir.

    womens100

    11h: on a déjà fait 30km. C’est passé hyper vite. Je n’ai pas eu l’air trop ridicule dans les côtes qu’on a passées et j’ai rencontré de chouettes filles déjà. On s’arrête comme prévu pour le ravito Rapha sponsorisé Poilâne et la pause pipi. Jusqu’ici tout va bien.

     

    rapha

    Le camion Rapha du ravitaillement

    12h: drôle de bruit sur mon vélo. Tiens, j’ai crevé. Première fois de ma vie. On respire. En théorie, je sais faire. Je prends mon air zen, je sors mon matos genre « j’ai fait ça toute ma vie ». Je ne dois duper personne car les capitaines s’approchent de moi, me retirent mon vélo manu militari et me changent la chambre à air en 30 secondes chrono. Comme si elles avaient pressenti qu’avec moi les autres filles allaient attendre un  petit peu trop… well done girls.

    13h: on a fait 60km. On ne fait plus trop de « vraies » pauses mais je mange mes pâtes de fruits aux feux rouges (que l’on respecte, à 40 filles autant dire qu’on rigole pas avec la circulation). Le vent est souvent de face, je dois quand même forcer pour tenir le rythme, mais je ne décroche pas.

    14h30: on a fait maintenant 85km. Ca y est, je me transforme en Gremlins. Je fatigue. Chaque côte est un enfer et même sur du plat, je ne roule plus très vite (doux euphémisme). J’essaie de bien me ravitailler pour tenir le coup. Pour les autres 100km à ce rythme, c’est une balade.

    rapha

    Je feins presque le bonheur sur cette photo

    15h 92km. On approche de Paris. Mon Homme et mon fils viennent nous faire un coucou. Ca me rebooste. Mais je sens l’énergie baisser sérieusement, je ne tiens plus bien ma trace. Vivement qu’on en finisse. La dernière côte, la plus pentue, sera vraiment dure mais je ne lâche rien.

    16h fin de la ride. On a fait 108km. Les derniers kilomètres dans le bois de Boulogne m’ont semblé un enfer. Je suis hyper soulagée de revoir le camion Rapha. I did it. Je suis trop contente. Pour beaucoup, c’était une promenade de santé. Pour moi qui ne savais pas passer une vitesse il y a deux ans, c’était un accomplissement.

    Je ne suis pas encore cycliste mais j’en prends le chemin. Je me suis bien amusée, au moins sur les 60 premiers kilomètres, et après, ben j’ai géré comme je pouvais.

    Alors merci à Michèle et Fransiska, les GO de la balade, Caroline qui m’a bien motivée pour venir, et les autres filles que j’ai rencontrées à un moment de cette journée et qui m’ont toutes semblé fantastiques et trop fortes (si si, toi qui fais du vélo sans les mains là, pffff dingue).

    Je m’entraîne encore un peu et je reviens rouler avec vous !

    Et toi, un prochain défi dans l’air ?

    PS la photo en Une n’est pas de moi mais de Leather Hipster, merci à toi !