COURSES

Semi de Paris 2016, la réalité en face

Réveil à 6h45. Youhou.

Oui, mes copains du club sont matinaux (et accessoirement leurs sas partaient bien avant le mien).

Ce matin, c’est RER comme ça, pas de surprise sur la route. Puis métro. Ouf, en montant à Châtelet, j’échappe aux 4 dernières stations absolument bondées. Commencer son dimanche comme un jour de grève, merci bien.

Photo souvenir avec les copains dans mon poncho-sac poubelle, petit échauffement et zou, dans mon sas.

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Sexy dans mon sac-poubelle hein ? Va pas falloir que ça se sache au bureau ça…

Je pars sur une base qui assez naturellement est de 5.20mn/km, comme l’an dernier. Ca passe pas mal. Il fait presque beau alors qu’on s’attendait au pire.
Les 4 premiers kilomètres se font finalement assez facilement. Pleine d’espoir Elise.

Jusqu’au 10ème, le rythme va tenir. Bon an mal an, à coups de techniques mentales de derrière les fagots (« je vais jusqu’à ce panneau et après on avise ») et surtout surtout parce que je savais qu’ à Bastille, Karine serait là. Cette fois-ci, hors de question que je la loupe.

Premier passage. Je ralentis mon rythme pour scruter les gens: personne. Zut. Heureusement il reste un passage.
Ouf, alors que je n’y croyais plus vraiment, je la vois. Je lui dis que ça commence à être dur pour moi. Moral boosté pour 500m au moins. Merci Karine.

Après le 10 ème kilomètre, brusque passage à vide. Mes jambes ne veulent plus courir à la même vitesse. J’ai beau regarder ma montre, elle ne me donne que de mauvaises nouvelles. Je n’ai pourtant encore mal nulle part, je me suis bien ravitaillée. Je bois régulièrement. Absolument rien ne justifie de ce soudain décrochage.
Rien ?

Euh si en fait. Une absence totale de sorties excédant les 11km sur les 3 derniers mois peut-être ?.

Comme quoi, la sortie longue, c’est pas fait pour les caniches. Et le fractionné long non plus.

Du coup les kilomètres 12 à 17 ne seront pas les plus sympas de ma vie, je te l’avoue.

Je sais que ma famille est au kilomètre 20, ce qui somme toute est encore assez loin et je me traine à une allure digne des derniers kilomètres du marathon.

Si je veux être franche avec moi même, je savais au fond de moi que ça pourrait arriver. Mais je ne voulais pas y croire. Ah je ne m’attendais pas à battre des records. Peut-être même finir vers 54 ou 55 minutes. Mais là…. je voyais les minutes défiler lamentablement.

Me connaissant, j’aurais pu être au bout du scotch, complètement effondrée à l’idée de faire un temps que je juge naze.

Mais je m’étais dit depuis le départ que quoi qu’il arrive, j’allais essayer de prendre du plaisir et de ne pas trop regarder la montre.
Clairement, je me suis forcée à zapper mon poignet droit du 12ème au 17ème kilomètre.

Avoir lu des comptes-rendus de courses de blogueuses qui ne battent pas toujours leurs records et n’en font pas des montagnes m’a aidé aussi. Si, si, ça existe.

Au 18ème kilomètre, alors que je me bats depuis le 17ème contre des sérieuses crampes aux mollets, je vois THE champion de mon club (je te donne son palmarès, tu pleures, mais du genre qui finit l’UTMB même malade et fait 2h46 sur marathon vois-tu). Mon cerveau met bien 15 secondes pour:

1/ le reconnaitre (je le vois 3 fois/semaine pourtant).
2/ me demander ce qu’il fait là alors qu’il a dû finir son semi il y a 30mn au bas mot.
3/ comprendre qu’il vient me soutenir.

Quelle joie.
Timothée me redonne un peu vie. J’en suis au point où chaque pas me provoque une espèce de coup de poignard dans le mollet droit. Courir devient TRES franchement douloureux. Mais je sais que mes enfants et mon mari seront au 20ème kilomètre. Timothée, me soutient jusqu’à 300 mètres avant l’arrivée. J’arrive même à parler un peu. Grâce à lui, mon allure redevient un peu moins pire sur les derniers kilomètres et je parviens à éviter de justesse le couperet des deux heures.

Je perds 5 bonnes minutes sur mon temps de référence du dernier semi au final.
Mais la douleur post course ne me laisse même pas déprimer. Arrivée aux médailles, j’ai les muscles totalement tétanisés, mes doigts de pied se figent dans une position surréaliste, mes mollets sont comme des briques. Je ne tiens plus debout mais impossible de m’asseoir. Je demande de l’aide tellement la douleur est intense. Je ne peux plus parler.

Les gens autour de moi vont me soutenir, m’aider à faire passer ces crampes AFFREUSES (malgré 4 sporténine et 500ml d’eau bu depuis le départ).  Mais quelle épreuve. Pour le triathon, ça va être cure de magnésium à gogo les semaines avant histoire de pas couler direct.

Une course qui ne restera pas dans les annales des succès pour moi donc. Mais bien accompagnée, avant et après, en retrouvant pour déjeuner ma copine future marathonienne qui a fait 1h 44 et bat son record, elle. Bravo !

Et vous, il s’est bien passé ce semi ?

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Médaillée mais pas très fière.

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13 Comments

  • Reply
    Sophie
    6 mars 2016 at 21 h 41 min

    J’ai vu ton mari au 20eme (probablement parce qu’il criait « ça y est la voilà !), je pensais du coup que tu étais dans les même temps que moi et j’étais super contente pour toi… En tout cas, bravo d’avoir tenu, c’est le plus important !
    De mon côté, ce fut une course de rêve (à part que je m’étais trop couverte et que je mourais de chaud), je suis partie bien trop vite (limite comme pour faire un 10km), je savais que le meneur des 1h50 était juste derrière moi et j’attendais le moment où j’allais le payer et qu’il me dépasserait… Surtout que les montées jusque 15 km m’ont bien cassé les jambes et que je pensais avoir sérieusement ralenti. Mais non ma montre s’obstinait à afficher la même moyenne. L’euphorie aidant, j’ai réussi à finir sur le même rythme et j’avoue avoir versé une larme de joie en passant l’arche !

  • Reply
    Sabine
    6 mars 2016 at 22 h 09 min

    Bravo Elise, vraiment bravo ! J’ai eu l’impression de vivre cette course à tes côtés… assise confortablement dans mon canapé.
    Je repense à Mandela qui disait « Je ne perds jamais. Je gagne ou j’apprends ».
    Bonne récupération à toi !

  • Reply
    Clairesoleil
    7 mars 2016 at 8 h 46 min

    Bravo Élise… je t’admire… et tu finis malgré tout avec le soleil… j’ai pensé à vous tous dans mes collines du berger, avé le soleil et… le mistral toujours aussi fou… dur dur de se freiner pour rester en mode EF… et de voir tout le monde te doubler… toutefois comme tu le dis, savoir prendre du plaisir dans toutes les circonstances… bonne récup… un peu de piscine ?

  • Reply
    delphine fuhry
    7 mars 2016 at 10 h 46 min

    Bravo à toi ! Il y a des jours où on est moins bien, mais ça sert à rebondir pour être mieux sur la prochaine course.
    TA prochaine course te reboostera.
    C’était mon premier semi sur Paris : j’ai ADORE, un pur kiff…
    1h56min45, je suis très contente de mon temps

  • Reply
    Lilou
    7 mars 2016 at 12 h 02 min

    En dessous de 2 h, sans entrainement spécifique, ça ne me semble pas si mal que ça, non? J’ai l’impression que petit à petit le lâcher prise sur le thème du sport arrive… Bon courage pour ta prépa triathlon.

  • Reply
    lies
    7 mars 2016 at 13 h 46 min

    Bravo !! Etant coureuse débutante, je lis ton blog depuis quelques semaines et j’adooore. Tes expériences et ton humeur me donne l’envie d’aller plus loin.
    Hier j’ai couru mon première semi-marathon et je me suis régalée. N’ayant jamais couru plus de 16 km, j’avais peur de craquer. Je me suis calée sur la vitesse de 10,5km/h et j’ai fini les 21km en pile 2h. La prochaine fois, j’essaierai d’aller plus vite. Je n ‘aurais jamais imaginé que la course à pied pouvait donner autant de satisfaction. Thank god I run.

  • Reply
    Marguerite
    7 mars 2016 at 14 h 04 min

    Bravo pour avoir tenu bon jusqu’au bout Elise ! Et c’est super que le champion de ton club soit venue te soutenir, c’est là où on voit que c’est chouette de courir avec un groupe :)

    J’ai accompagnée une amie que j’ai converti au running il y a un an sur sa première course officielle. Elle le boucle en 2h06, je suis super fière d’elle ! Une course au top pour moi donc car à une allure facile (ça change de ne pas finir une course au bout de sa vie avec une envie de vomir et de s’effondrer) et avec de la compagnie. Et puis c’est vraiment chouette de faire lièvre et de voir son coureur se dépasser et arriver au but :)

  • Reply
    Kotkaa
    9 mars 2016 at 14 h 10 min

    Aïe pas de quoi me rassurer pour mon 1er semi de dimanche pour lequel je ne me sens pas tres prête car decidé il y a 15 jours… Bon, méthode Coué, ça va aller !!! :)

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    renardeau
    10 mars 2016 at 10 h 48 min

    Si ca peut te rassurer moi je pense que c’est impossible de faire un bon temps sans etre DOPÉ JUSQU’A LA MOELLE:
    http://www.lemonde.fr/athletisme/article/2016/03/09/le-meilleur-francais-du-semi-marathon-de-paris-risque-quatre-ans-de-suspension_4879555_1616661.html

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