TRAINING

Les limites du sport pour les amateurs

Hello toi, ça va ?

A cette heure post-marathon où la discussion favorite est « est-on finisher si on a fait plus de 5 heures au marathon ?  » je ne me risquerai pas à te parler de ça mais d’un sujet connexe que nous avons déjà approché:

Jusqu’où peut aller le sportif amateur pour sa passion ?

Courir aujourd’hui, tout le monde ou presque le fait. Et parmi ces coureurs, nombreux sont ceux qui se prennent au jeu de la « compétition ». Plutôt de la compétition contre soi que contre le voisin pour la plupart, car ils ne sont quand même pas nombreux ceux qui tapent des podiums mais disons, adeptes de la course chronométrée.

A partir de là, on va tous essayer de s’entraîner régulièrement, d’avoir un bon matos, une hygiène de vie la plus correcte possible sans se désocialiser pour autant, bref, petit à petit, nos vies ressemblent de plus en plus à celles de sportifs pro pour certains.

On voit pas mal sur les réseaux de sportifs amateurs qui font de la cryothérapie en récup, qui vont s’entraîner dans des super structures normalement réservées aux pros (je plaide coupable pour la piscine de l’INSEP),  et qui, sans avoir du tout les chronos qui suivent, mettent dans leur pratique un paquet d’heures d’argent de leurs vies.

INSEP

Sans parler de ceux qui font voler en éclat leur couple pour cause de dimanche matin non passés sous la couette (heureusement, l’Homme est plus sportif que moi).

Je suis la première à m’entraîner parfois beaucoup (15 heures la semaine dernière pour ne rien te cacher), pour un résultat des plus minables si tu le rapportes au temps passé.

strava

Alors, quand le corps nous lâche, parce que non, nous ne sommes pas foutus comme des athlètes qui font ça depuis leurs 8 ans (sauf si tu fais vraiment ça depuis tes 8 ans), et que la génétique n’est pas forcément de notre côté non plus -sans même évoquer qu’en dehors du sport ya boulot, kids etc- jusqu’où est-il raisonnable d’aller pour sa passion ?

Je t’ai parlé des miliers de fois de mes tendinites récidivantes que j’essaie de guérir. Dans mon parcours du combattant pour en trouver la cause, je suis allée voir un dentiste posturologue (déjà ça, ça aurait dû me mettre la puce à l’oreille).

Laquelle dentiste, fort compétente, m’explique que j’ai en gros la mâchoire du haut qui ne coïncide pas tout à fait latéralement avec celle du bas, et que (je te la fais courte) cela peut entraîner des compensations et donc des tendinites du côté qui coince.

La solution ? Me fabriquer une gouttière (moyennent 1000 euros environ hein, sans doute non remboursés par les mutuelles) que je pourrais porter jour et nuit dans l’espoir de combler ce millimetre d’écart entre mes mâchoires. Seyant à 39 ans la gouttière.

Ah et si jamais ça marche (parce que zéro certitude que ce soit bien la solution), je pourrais soit garder à vie cette gouttière (qui se voit, ce serait trop beau sinon), soit décider de repartir pour des années d’orthodontie en même temps que ma fille et redevenir une teen (mais cette fois-ci sans prise en charge sécu).

Autant te dire que bon, je serais sélectionnée pour les mondiaux d’Iron Man ou je serais Léonie, j’envisagerais sans doute le truc, mais là, avec mes 4h 12 au marathon, le jeu n’en vaut sans doute pas la chandelle (attention, accès de raisonnabilité, ça n’arrive pas souvent).

Donc oui, je resterai sans doute blessée à vie, puisque rien ne vient à bout de cette tendinite depuis un an. J’aurais sans doute toujours mal quand je marche jusqu’à ce que je décide d’arrêter de courir (et même sans courir pendant 2 mois, ça continue en fait) mais je ne vais pas entraver mon confort de vie dans l’espoir de gagner 15mn au marathon.

Je vais bien sûr continuer de chercher des solutions alternatives (changement de foulée bien amorcé, je vois toujours un ostéo qui m’a fait enlever mon piercing au nombril – suis pas sûre du rapport avec le schmilblick mais preneuse de tout ce qui ne fait pas de mal) et je force la dose sur le triathlon plutôt que la course sèche mais je vois que j’ai sans doute atteint mes limites.

Parfois le « quand tu veux tu peux » et autres motivational quotes d’Instagram ne sont pas vrai. Il ne faut pas croire tout ce que tu vois sur les réseaux 😉
Je vais donc garder le plaisir de ma pratique mais sans doute mettre de côté l’aspect « toujours mieux » qui m’a poussée ces 5 dernières années.

Ca ne m’empêchera pas de faire le Marathon de Berlin hein, une semaine d’anti-inflammatoires n’a jamais tué personne (fin de l’accès de raison).

Et toi, tu es prêt à aller jusque où pour courir / ton sport ?

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3 Comments

  • Reply
    Lilou
    17 avril 2018 at 9 h 53 min

    C’est un sujet très intéressant et je suis aussi pour ouvrir le débat de finisher si tu finis le marathon en plus de 5 h Comme tu dis les réseaux sociaux te feraient presque croire que la pratique du jogging (oui je dis jogging) est devenue un truc ultra sérieux. Mais ce qui est rassurant, c’est de voir plein de gens dans les parcs (et dans nos entourages) qui au final font leur footing tranquillou. Après, je comprends qu’on se prenne au jeu. Mais, clairement, je ne ferai pas des prépa marathon avec des semaines à 80 bornes. Je viens de faire ma prépa la plus « sérieuse » de marathon pour au final faire moins bien que les deux autres fois (aà 2-3 mn). Au début, je me disais que j’étais déçue (je voulais faire bien mieux) et finalement je suis quand même contente d’avoir fait le marathon, d’avoir partagé cela avec mon entourage. Bref, quelques concessions (3 semaines sans alcool ) mais je ne serai jamais une championne

  • Reply
    Soleil
    17 avril 2018 at 10 h 02 min

    Merci, je me reconnais tellement!

  • Reply
    Sophie
    20 avril 2018 at 10 h 00 min

    Comme Soleil, je me reconnais tellement dans ce que tu as écrit !
    Maintenant je me demande si je ne vais pas enlever mon piercing… Ma tendinite refuse de se guérir et je cumule des blessures nouvelles (je me suis retournée le doigt – 2 mois d’attelle – plus de piscine) et là je viens de me casser un orteil (1 mois sans courir). Et pourtant je viens de prendre un dossard pour le marathon de Paris 2019.
    Faut pas chercher à comprendre !

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