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Le Swim Run M des Gorges du Verdon

Quand Alexandre m’a proposé de participer au SwimRunMan des Gorges du Verdon il y a quelques mois, je mettais encore cette discipline dans la catégorie « trucs pour zinzins »
Nan mais sérieusement ? Nager avec des baskets ? Courir en combi avec un pullbuoy à la cuisse ? Faut être dingue non.

Alors j’ai dit oui.

Il faut dire qu’en vrai, avant cela je m’étais un peu rencardée et que tous mes amis me disaient « le paysage est incroyable, fonce. »
Les Gorges du Verdon, c’est un peu la Baie d’Along de la France quand même tu vois, ce serait con de passer à côté.

Ce Swim run proposait deux formats, j’ai choisi le M (faut pas déconner), donc 4km de natation mis bout à bout et 18 km de trail (on nous en avait promis 16 à l’inscription, mensonge !) avec 700m de dénivelé, en duo puisque c’est le concept de base. Correct quand même.

Une fois mon binôme trouvé, le train réservé, la voiture louée, le airbnb booké, je me suis penchée sérieusement sur la logistique de l’épreuve.

Un swimrun c’est une combinaison qui s’ouvre par l’avant. Tu peux aussi couper ta vieille combi de tri comme mon partenaire de course l’a fait mais c’est plus pratique si ça se ferme sur l’avant quand tu te fais 12 transitions. J’ai donc choisi de louer la mienne pour l’occasion.

swimrun

Tout le matos …

Un swimrun c’est un pull buoy que tu peux percer et bricoler dans le TGV si tu le souhaites (toute référence à une situation vécue…) pour y faire passer des chambres à air qui tiendront autour de ta cuisse. Ou alors tu fais comme moi et tu en achètes un tout prêt.

Un swimrun ce sont des chaussures avec lesquelles tu vas devoir nager. Donc pas en GoreTex qui retient l’eau. Mais plutôt avec un bon mesh. Tu peux aussi les percer mais ça, ni mon binôme ni moi n’avons essayé.

Un swimrun ce sont des plaquettes pour nager. J’ai choisi les miennes les plus petites possible pour ne pas m’abimer l’épaule. Je n’avais jamais nagé 4km en plaquettes avant dimanche dernier.

Parés pour l’aventure, nous sommes donc arrivés dimanche matin 7h sur le village des Salles-sur Verdon. Sans vrai stress parce que je ne me mettais aucune pression du chrono. Je voulais être finisher sur un type d’épreuve nouveau pour moi et idem pour Clément. Mais Dieu, qu’ils avaient tous l’air de pro les autres, on faisait vraiment touristes.

Nous nous sommes donc élancés pour 10mn de course avec des centaines d’autres personnes, puis mise à l’eau. Elle est à 20 degrés donc c’est plutôt agréable, ça passe tout seul avec la combi.swimrun
Premier tronçon: 1700 mètres de nage. Clément n’a pas le droit de me distancer de plus de 5m, il fait la planche pour m’attendre. Je suis leeeeeente, c’est interminable, j’en ai déjà marre, je ne vois pas avancer ce foutu panneau jaune qui détermine les sorties de l’eau. Ma montre est en mode « course » (ben ouais, pas de mode swimrun) donc je ne sais pas du tout où j’en suis.  Pfff qu’est ce qui m’a pris de m’inscrire sur une épreuve de nageurs confirmés ?

Et puis j’y arrive tout de même, et là on part pour 6,7km avec 275m de D+. Ca grimpe pas mal mais je suis contente d’avoir fini le « mur d’eau ».
Deuxième tronçon de 7-800m de natation. On a perdu tout le monde, on est quasi seuls. C’est moitié moins long donc je déprime un peu moins. Clément est en mode baignade et fait des roulades dans l’eau en m’attendant… ou presque. Je sais qu’après cette partie c’est que du bonheur.

Et de fait, la partie trail suivante passera vraiment vite. Ca monte certes mais ça descend aussi pas mal et Clément et moi on se débrouille pas si mal finalement en descente. On rattrape quelques duos de coureurs. Ils nous rattraperont sur la natation suivante. Et ainsi de suite… On est pas derniers et ça me met du baume au coeur.

Encore un 550m de nat, un 450m ensuite, des parcours de trail entre chaque, à chaque fois les distances sont sensiblement plus courtes. En revanche, le chrono passe vite. Nous passons le premier check point avec 30mn d’avance sur la barrière horaire.

Malgré la fatigue qui s’accumule nous voyons le bout poindre. C’est long mais l’ambiance est bonne, je n’ai aucune douleur, on papote même (un peu) sur les portions roulantes, on s’extasie sur les paysages de dingue, je regrette juste de ne pas avoir pensé à prendre ma mini GoPro. On voit bientôt les dernières portions de nat’ dans des eaux ultra bleu lagons. Le kif absolu.

Une dernière ligne droite (enfin droite…) de course avec des ESCALIERS (putain, c’est pas cool ça les mecs) et nous passeront l’arche en 4h et 59 minutes tout de même.

Les « Bébés nageurs » (c’est le nom de notre équipe) finit 117ème sur 147 équipes embarquées. Je suis super fière.

swimrun

C’était long certes à cause de ma petite vitesse de nage, mais à vrai dire, nous n’avons même pas trouvé ça dur: on ne peut pas dire que je sois allée chercher le finish comme sur un triathlon longue distance ou un marathon.

Mon matos a bien tenu la route malgré un pull buoy trop gros pour moi: mes jambes flottaient trop et il me gênait en course. En revanche, les Inov8 sont vraiment super adaptées à cette épreuve: gros crampons pour la boue et les rochers, faible drop (j’ai tenu environ 16km en foulée avant-pied) et super évacuation de l’eau.

J’avais peur des ampoules aux pieds dues aux frottements mais mes chaussettes Tabio Sport que j’aime d’amour font super bien le job. En revanche, je n’ai pas compris comment emporter une flasque dans ma combi -qui avait déjà du mal à fermer en haut, et deux ravitos, ce n’était pas suffisant.

C’est à peu près le seul reproche que je pourrais faire à cette organisation impeccable: chouette village de course, chouettes bénévoles, super ravitos (mais seulement un liquide et un liquide/solide sur le M, quand il fait chaud on a vite soif), photo finisher gratuite… vraiment au top.

Je n’ai qu’une envie c’est m’inscrire sur le L ‘an prochain, si j’arrive à accélérer un peu en natation entre temps et que je me retrouve un binôme aussi compréhensif et zen que Clément.

ET toi, l’aventure te tente encore un peu plus maintenant ?

 

 

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