COURSES TRIATHLON

Le premier half Iron Man des Sables d’Olonne

Cet article devrait en fait s’intituler “ou comment finir un half iron man avec une préparation a minima“, allez, je te raconte.

Il ya de nombreux mois, je me suis inscrite à cet half labellisé (mon premier de la marque) avec la ferme idée de m’entrainer comme il le faut et de finir sur un temps digne.

J’avais, comme tu le sais peut-être, déjà fait deux triathlons longs (deux fois le même d’ailleurs) mais avec 82km de vélo seulement, et vraiment plats. Cette fois-ci un half iron étant une épreuve avec 90km de vélo, il allait falloir s’en enquiller 10 de plus.

J’ai néanmoins choisi le haf le plus plat, et l’ouverture d’une nouvelle épreuve aux Sables d’Olonne a achevé de me convaincre. J’ai bien fait puisque les slots se sont vendus en gros en 3 semaines. Seul problème, j’ai réalisé assez vite qu’avec mon nouveau boulot (plus si nouveau), ça n’allait pas être aussi simple que l’année précédente. Et ma tentative avortée de coaching à l’automne avec mon nouveau club n’a clairement servi qu’à me mettre le doute.

Pour être honnête, en février je pensais abandonner, ne pas y aller. Je n’avais pas roulé de l’hiver, très peu allée à la piscine… bref c’était pas gagné. Puis mon vélo-sitter m’a ré-emmenée rouler, j’ai recommencé petit à petit la piscine et c’était reparti. Au final, comme je l’ai raconté ici, je n’étais certes pas surentrainée mais j’avais suivi plus ou moins un plan et sérieusement repris la piscine et la cap, à défaut du vélo.

Donc nous voilà samedi. Vlad et son papa ont emmené mon vélo et mon sac de sport, j’arrive tranquillement en train. Retrait du pack de course, dévalisage du gigantesque magasin Iron man (ben quoi, j’avais plus de short/ casquette/ sac de sport etc), découverte du airbnb , paquetage des trois sacs de transition et on part poser les vélos dans le parc, prendre un pot avec des copains/ famille et rentrer pour notre pasta party à la maison.

Je te mentirai si je te disais que j’ai passé une bonne nuit la veille de l’épreuve. Franchement, j’avais la boule au ventre et toutes mes super techniques de méditation/ sophro/ yoga n’y faisaient rien, je n’ai pas fermé l’oeil de la nuit.

Heureusement le départ état relativement tardif le matin. Nous devions être au parc à vélos pour le gonflage de pneus et poser notre nutrition vers 9h, bien moins hard qu’un lever à 6h du mat.

Il faisait beau, et ça, ça change vraiment la donne. On regarde partir les pros en nat et là commence l’attente interminable du rolling start. Je me suis mise volontairement dans l’avant denier sas,  aucune envie de me surestimer et de me faire grimper dessus tout le long. Et donc j’ai attendu une heure en combi sur la plage à supporter les commentaires déplacés et sexistes du speaker. L’orga IronMan a (presque) été irréprochable mais leur animateur du matin, mamamia, le mec avait jamais entendu parler du #metoo et se croyait dans les années 80.

Je m’élance sur ces réflexions dans l’eau à 16 degrés, les 400 premiers mètres contre courant passent comme une lettre à la poste. Personne autour de moi (merci le rolling start) et perso j’aime bien les vagues, ça me fait marrer. On tourne autour du phare pour entrer dans le chenal et là se produit un phénomène étrange: à chaque mouvement de bras j’ai l’impression d’avancer de 6 mètres. La marée monte et nous aide considérablement. Je sors de l’eau en disant au mec qui me tire le bras “quoi, c’est déjà fini ?” et je regarde ma montre: 35 minutes.

 

half iron man sables d'olonne

le type m’a dit “tu veux y retourner ?” “merci, ça ira”

Inespéré vu que mon dernier 2000 m en course j’avais mis 48mn. Bon, les autres n’ont pas gagné 13mn sur leur temps de référence tout de même donc j’ai dû m’en sortir mieux que d’habitude mais clairement, c’était assez surnaturel de ne nager qu’une grosse demi-heure.

Après une transition interminable, je pars boostée à bloc sur mon vélo. Il fait un temps de dingue, je sais que les 20 premiers kilomètres vont passer ultra vite. Alors je double plein de monde, je les encourage en les appelant par leurs prénoms, j’ambiance les nombreux supporters vendéens, je fais le show. Les motos arbitres super nombreuses pour lutter contre le drafting me semblent un peu zélées et me freinent en stoppant les gens devant moi à plusieurs reprises.

half iron man sables d'olonne

à fond les ballons

Je suis à plus de 30kmh de moyenne, je suis bien. Et puis assez vite, ce beau rêve se transforme. Le parcours est loin d’être plat. Ca commence souvent par un faux plat, puis une vraie bosse, puis une (petite) descente, puis un faux plat et rebelote. Tu ne te reposes jamais en fait. Même si au final il n’y a que 600M de dénivelé, pour moi c’est vite fatiguant, presque pire qu’une grosse bosse et du très roulant après. Mais l’ambiance reste bonne, il y a beaucoup de supporters très actifs, on me donne du “allez mademoiselle” (à 39 ans passés, j’en suis heureuse), j’arrive à prendre les ravitos (rigolez pas, c’est pas inné chez moi) ET pour la première fois, à échanger mes bidons avant et arrière.

Pas de crevaison, miraculeusement pas d’envie pipi (alors que les deux dernières fois j’avais dû m’arrêter), je poursuis aux alentours de 28km/h jusqu’au 70ème kilomètre environ.

Et là, le drame. Le vent (pas de face franchement, pas énorme mais quand même), le mur, je suis cramée. Je sens que j’appuie mais que rien ne vient. Je finis du coup toutes mes barres et pâtes de fruit (normalement j’en prends une tous les 20km), j’essaie de m’automotiver, de me dire que ce serait pas un half iron si c’était facile.

J’ai une grosse douleur sous le genou quasi depuis le début, elle n’empire pas trop mais clairement je me demande comment je vais faire sur la cap, si je vais avoir la force de continuer. Je craque et les larmes de fatigue nerveuse et physique arrivent au bord des yeux.

Ah non merde, pas sur le vélo. Normalement je pleure sur les deux derniers kilomètres de course mais pas avant.

Je sens qu’avec la fatigue je perds en lucidité, que parfois je ne roule plus très à droite (comprendre carrément au milieu de la route), j’essaie de me reprendre. A partir de là, ma moyenne horaire va chuter, je vois beaucoup des concurrents que j’avais dépassés au début me reprendre: ils ont mieux géré leur effort et c’est ma faute mais clairement c’est dur. Heureusement, j’avais encouragé chacun par leur prénom -visible sur le dossard- et pour certains on s’est doublés plusieurs fois donc ils me rendent tous la pareille.

Le trajet que j’imaginais faire 91Km comme indiqué en faisait en fait plus de 92km et je n’ai jamais autant maudit un kilomètre de vélo (en fait si, mais sous la pluie et le froid, une autre histoire).

Je pose mon vélo bien seule dans le parc et m’engage sur la course. Bizarrement, je me sens aérienne. Je ne sais pas si ma nouvelle foulée y est pour quelque chose mais je n’ai pas du tout les jambes en bois typiques de l’après vélo et je suis heureuse de voir que ma douleur au genou s’active en fait moins qu’en vélo.

half iron man sables d'olonne

On sent la fatigue mais l’attaque reste encore fraiche

Au bout de 2km, j’arrive sur la plage et je vois le cousin de l’Homme et son fils qui m’encouragent,  ils courent une minute à côté de moi, on échange quelques mots, ça me rebooste. J’entame le premier sur les 3 tours que je dois faire et, sans surprise, je vois que tous les autres concurrents ont déjà deux bracelets, eux, ils sont sur leur troisième tour. Comme ce sont des boucles aller-retour, on se voit tous et je cherche mes ami(e)s. Au bout de 6km, je retrouve Vlad, il n’en a plus que pour 2km lui (et moi une quinzaine), on court ensemble quasi jusqu’à son bout, ça me fait passer le premier tour rapidement. C’est parti pour le deuxième. Je tiens une moyenne peu glorieuse mais régulière de 6mn/km environ. C’est mon but. Finir peu ou prou en deux heures le semi.

J’ai mis 2h25 la dernière fois…

Le troisième tour sera comme attendu, le plus dur. Cette fois je ne vois que des gens qui en sont au même niveau que moi et au moins, je me vois les doubler. Dans un half, beaucoup de gens craquent et marchent sur le semi. Moi je viens de la course, c’est mon point fort et je n’ai encore jamais marché. Mais la fatigue est bien là après 110km à la force de mes bras/ jambes et des débuts de crampe se font sérieusement sentir. Je vais chercher les 3 derniers kilomètres au fond de ma tête mais je tiens le rythme. Je sais que je suis à bout de force, mais je sais aussi que dans 20, 18, 15 mn, c’est fini.

Je trouve la force de sprinter fort à l’arrivée. Ca y est. C’est fait: 6h33.

half iron man sables d'olonne

THE sprint final quand même… (sur 50m ok)

Encore dans le bas du classement mais plus de soucis de barrière horaire. Pas loin de 300 personnes derrière moi quand même. Le vélo reste clairement mon point faible, cette fois où la marée a gommé nos défauts en natation.

Petit à petit je me sens (je suis ?) plus légitime sur l’épreuve. J’ai fait le même temps que l’an dernier avec 10km de plus et du dénivelé (mais un courant plus favorable).

Et j’ai fini un vrai half iron man. Quelle joie. Maintenant, j’ai le numéro de dossard tatoué en coups de soleil sur le bras et le mollet et ledit mollet ne répond plus présent. J’ai compris que j’allais attendre d’avoir encaissé sacrément plus de bornes avant de m’inscrire sur un full. Le home trainer que je me promets pour Noël devrait m’y aider. Qui sait, Barcelone 2021 maybe?

En tous cas je reviendrai avec plaisir me retester sur les Sables. Super ambiance, chouette météo (peut être pas pareille chaque année, certes) et parcours quand même à mon niveau puisque je l’ai fait.

Et toi qui a aussi testé cette première édition, tu en as pensé quoi ?

 

 

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2 Comments

  • Reply
    Natacha
    19 juin 2019 at 10 h 44 min

    Félicitations ! Tu as fait une belle perf !
    Ton temps en natation est impressionnant !

    • Reply
      elise
      19 juin 2019 at 13 h 26 min

      mon temps en natation avec courant favorable tu veux dire 😉

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