COURSES TRIATHLON

Le Garmin Triathlon de Paris 2016

Depuis quelques jours, il ne fallait pas me parler de triathlon: boule au ventre assurée rien qu’en y pensant.

Il faut dire que vu l’investissement temps/ frousse dépassée/matos/copains embarqués depuis un an, je me suis auto collé une pression d’enfer.

Samedi, nous sommes allés chercher mon dossard en famille et poser mon vélo. Le stress est monté graduellement dans la soirée et jusqu’au matin. C’est bien simple, dimanche matin, je ne parlais plus. Le truc le plus improbable pour moi (mes amis témoigneront).

Nous arrivons donc (que soit loué mon Homme qui s’est tapé tous les aller-retours sans sourciller) le matin en voiture. Je retrouve tout de suite mes 4 amis et me détends un peu. Je pose mon vélo, installe mes affaires comme je peux, vais faire pipi pour la 15ème fois en deux heures (poésie, quand tu nous tiens). Bref, j’ai les choquottes.

La marche vers la natation (1,5km) prend pas mal de temps. Nous racontons des bêtises pour se passer le temps et franchement, on se marre bien. Je suis dans l’action, je commence à oublier ce que je m’apprête à faire. Et puis fatalement, mes amis partent dans leur vague, je suis la seule à prendre la vague « rose » (rose=fille si tu as bien suivi).

Là, le truc improbable. Une des bonnes amies de ma grande soeur me reconnait malgré mon look de spermatozoïde et en ne m’ayant pas vue depuis des années. On commence à papoter en avançant avec notre vague et avant que je ne m’en rende compte, je suis dans l’eau.

natation

Trop contente de ma nouvelle combi Orca et de savoir nager le crawl water-polo grâce à ma prof

Elle est à bonne température, aucun problème pour mettre le visage dans l’eau, ça change. Et là, ô miracle, j’avance sans recevoir aucun coup. Pas même un effleurage. Je nagerai à vrai dire quasi seule pendant toute la course, personne à deux-trois mètres à la ronde. Et pourtant je ne suis pas la plus lente. Je rattrape pas mal de gens de la vague d’avant. Pas très vite mais sûrement, j’avance. Les 500 premiers mètres me sembleront hyper longs.

Le reste passera beaucoup plus vite. Cette année, pas trop d’algues dans l’eau. En revanche il y avait des espèces de « roseaux d’eau » qui ressemblaient à du foin et qui affleuraient jusqu’à la surface de l’eau. Un peu comme si on nageait dans 5 cm d’eau au dessus de la végétation. Pas le plus agréable mais ça ne m’a pas franchement dérangé.

Je sors après 40mn de crawl super à l’aise. C’est 5 minutes de mieux que ce que je fais habituellement en piscine. L’effet combi sans doute.

suunto

Le coup d’oeil à la montre pour vérifier mon temps

Ma transition 1 sera assez longue. Mon cerveau est déconnecté, je pense avoir oublié mes chaussettes, m’y reprends donc à deux fois pour mettre mes chaussures. Je suis un peu à l’ouest. Mon Homme et ma fille sont derrière le grillage pour m’encourager.

Ma plus grande hantise était qu’il pleuve pendant le vélo et nous avons eu un pot immense: pas une goutte. Il a apparemment plu à Paris pendant que nous étions dans l’eau de Choisy.

Pas encore super fluide cette transition vélo à la main...

Pas encore super fluide cette transition vélo à la main…

Je pars donc en vélo et je suis nettement plus à l’aise que la dernière fois. Les 10 premiers kilomètres seront quand même longs mais globalement je suis pas mal, j’arrive à boire dans mon camelback (le bidon, j’y arrive mais au prix d’un trop grand ralentissement), je roule à environ 24km/heure.

Fait étrange, je double même une ou deux personnes. Je perds aussi mes lunettes de soleil que j’avais mal mises vers le km 8 (si tu étais derrière moi, j’en suis désolée, si tu les as retrouvées, grâce te soit rendue, tu sais où me trouver).

Au bout d’une vingtaine de kilomètres, je m’ennuie quand même un peu. Une jeune fille me dépasse. Je roule un peu derrière elle, la redouble, lui demande son prénom et on commence à papoter pendant 15 bornes. Attention hein, on est à fond toutes les deux. Mais bon, à fond sur 40km tu peux quand même parler. Enfin moi je peux parler. D’ailleurs en fait je peux tout le temps parler. Bref.

Donc Claire, si tu me lis (et oui, ça arrive), merci pour la ride.
Je finis le vélo en 1h43 dans une joie infinie. Soit au bas mot 17 minutes de moins que ce que j’imaginais.

l'arrivée à la Tour Eiffel

L’arrivée à la Tour Eiffel en plein effort

On arrive toutes les deux à la transition 2. J’ai un peu mouliné avant mais sans doute pas assez: je ne peux littéralement PAS courir avec mon vélo dans la main. Les jambes ne répondent plus. Tant pis, je m’avance dans le parc à vélo en marchant avec Claire. Je repars à une allure au moins aussi élevée que celle d’une fin de marathon.

Globalement j’ai trouvé ce tri vraiment bien organisé, mais arrivé à 1 km environ du départ, un bénévole me dirige pour que je fasse un demi-tour. Soit.
Et après une minute, je vois un panneau « 5km ». Panique à bord. Je me dis que je me suis trompée de sens, que le bénévole a dû faire un geste à une personne derrière moi et que je l’aurais mal interprété. Ca y est, mon triathlon est foutu, j’ai raté les 4 premiers kilomètres de la course.

Je suis à deux doigts d’arrêter, ou au moins de rebrousser chemin quand je vois le panneau « 2km ». En fait c’est juste la signalétique qui est super mal foutue. Avec deux boucles, c’est sans doute pas facile de signaler mais là, c’était carrément obscur quand même.

Le parcours est, comment dire ? Pour le moins étrange avec de vraies montées autour du Troca. Hyper dur quand tu sors de 40km de vélo. Heureusement, je retrouve deux bonnes fées, Céline et Gwen qui vont m’encourager en mode « coaching ». Leur gentillesse me permettra d’accélérer et de ne rien lâcher. Je sais à ce moment là que je peux le boucler en moins de 3h30 et je vais tout donner.

D’ailleurs, je n’ai mal nulle part, pas une crampe (merci l’Hépar et le Décramp), aucune excuse valable pour ne pas avancer. Quand j’arrive dans le stade Emile Anthoine, je sais que c’est gagné.
L’émotion me submerge, j’éclate en sanglots en sprintant pour passer la ligne d’arrivée (je t’avais jamais dit que j’étais assez douée pour le double-tasking ?)

Je suis TROP heureuse de l’avoir fait, d’avoir réussi tout mieux que je ne l’avais jamais espéré. D’avoir tenu ma promesse envers mes amis qui se sont investis pour que j’y arrive, mes coachs, ma famille. Un moment de grand bonheur d’une intensité rare, qui vaut les sacrifices consentis. Je me suis amusée tout du long, le sourire vissé au lèvres (bon ok, je me marrais pas tellement sur la course à pieds mais je savais la fin proche).

Bravo aux copains qui ont tous cartonné

Bravo aux copains qui ont tous cartonné

Cerise sur le gâteau, mes 4 amis ont tous fait un super temps, notre tri girl ayant même fini 16èe fille (grand respect). Quant à moi, je suis dans les limbes du classement mais PAS dans les 10 dernières, c’est ça qui compte.

Je n’ai donc qu’une envie, recommencer (et mes copains aussi). On se retrouve à Chantilly cet été du coup ?

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  • Lilou
    31 mai 2016 at 22 h 36 min

    Bravo, bravo à toi.! C’est vraiment énorme ce que tu as fait et j’imagine que tu dois encore être sur un nuage. Ça me donnerait presque envie de m’y mettre

    • elise
      1 juin 2016 at 16 h 16 min

      je ne redescends du nuage qu’aujourd’hui (mais boum quand même)…

  • clairesoleil
    31 mai 2016 at 23 h 24 min

    Bravoooooo à toi… la mer et nos belles collines t’attendent aussi…

    • elise
      1 juin 2016 at 16 h 15 min

      les voyages, c’est la next step. Ca demande encore un peu trop de logistique là.

  • anne
    1 juin 2016 at 7 h 46 min

    BRAVO Elise tu as tout donné et tu nous a fait vibré pendant les preparatifs >>> maintenant tu es accro ?

    • elise
      1 juin 2016 at 16 h 15 min

      complètement !

  • Chickruns
    1 juin 2016 at 8 h 40 min

    Félicitations. Je suis admirative….et envieuse: le vélo ce n’est pas trop mon truc et je nage comme une enclume!!

    BRAVO BRAVO

    • elise
      1 juin 2016 at 16 h 15 min

      comme moi il y a un an quoi… comme quoi, tout est possible

    • Renardeau
      5 juin 2016 at 17 h 04 min

      C’est brain que ca doit pas aider cette histoire d’enclume, povre!

  • Gabrielle
    1 juin 2016 at 9 h 49 min

    Wouhou ! Bravoooo Elise ! j’avais vu ton résultat sur ton instagram, mais je n’ai pas de compte donc pas pu commenter. J’étais sûre qu’avec ta préparation tu mettrais moins de 3h45, mais moins de 3h30 c’est une très belle perf pour un premier M !

    • elise
      1 juin 2016 at 16 h 15 min

      Merci Gabrielle. dans l’absolu, c’est un peu nul mais j’en étais très contente de ma perf

      • Gabrielle
        2 juin 2016 at 8 h 29 min

        Rhhaaa, mais c’est fini de te dévaloriser, ça n’a rien de nul ! (OK le blues post triathlon, je connais aussi). Pour info la dernière a mis 1 heure de plus que toi… Et franchement, en ajoutant des chaussures vélos et en enlevant le camel back, tu vas gagner de belles minutes ! (j’ai bien rigolé en voyant les photos de ta course avec les gants vélo et le camel back !)

        • elise
          2 juin 2016 at 8 h 39 min

          haha tu vois ce sont des comms comme ça qui me redonnent le sourire. On met pas des gants sur un triathlon, ça sert à rien ? (j’ai hésité mais bon) Pour le camlback, comme j’en ai besoin pendant la course je me suis dis, autant le prendre dès le vélo. Après, j’aurais pu ùettre moins d’eau dedans, c’est sûr, là je suis partie avec 3 litres…

          • Gabrielle
            2 juin 2016 at 16 h 55 min

            3 litres ! Donc un lestage de 3 kg, bah chapeau … je me contente d’un bidon de 750 ml + 1 bouteille d’eau que je laisse à mon emplacement pour boire un peu et m’asperger avant de repartir pour la course. Les gants, je n’en mets jamais sur mes tris, uniquement pour les sorties longues et plutôt en hiver, en été je pars généralement sans. Sinon, tu as pensé au swim & run ? On commence à en voir en France, une solution si ton point faible est le vélo 😉

  • Gaëlle
    1 juin 2016 at 16 h 09 min

    wahou, bravo quel récit! ça donne trop envie! J’hésites depuis un moment à suivre mon homme sur le triathlon, et te lire régulièrement me donne vraiment envie de sauter le pas!

    Merci pour ce chouette blog, qui montre sans prise de tête qu’on peut arriver à tout gérer (enfants, boulot, mari, et sport…)! Bravo

    • elise
      1 juin 2016 at 16 h 14 min

      hihi, merci :-)

  • Laure
    2 juin 2016 at 4 h 19 min

    Bravo Elise! Tant d’efforts depuis un an avec une famille et des amis bien soudes autour de toi. On sent le kiff dans ton recit! Une fois cette perf’ digeree, vas-tu faire de l’entrainement de tri regulier ou bien la course restera-t-elle ton objectif majeur? Bonne recup, encore bravo!

    • elise
      2 juin 2016 at 8 h 27 min

      Je ne sais pas encore pour la suite. Je refais un M en août si tout se passe bien mais je ne sais pas encore si je vais me diriger vers ça ou pas… à suivre…

  • Sophie
    2 juin 2016 at 15 h 21 min

    Quel récit !! Bravo pour ta performance, je reste très admirative de ta volonté et ton abnégation !

  • alice
    2 juin 2016 at 21 h 05 min

    Toujours aussi agréable de te lire! Je reste béate d’admiration, oui oui, carrément! Avant de te « connaître », je n’aurais jamais pensé que le triathlon était un truc envisageable en dehors de quelques fous furieux, c’est dire comme je suis bluffée. C’est très motivant de chercher à apprendre, nager mieux et plus longtemps, maîtriser son vélo (les pieds bloqués dans les pédales, terrifiant ce truc), enchaîner tout ça… J’ai appris à nager le crawl depuis la rentrée de septembre, alors que je pensais que j’étais trop vieille pour ça et je suis toute fiérote de mes quelques longueurs. Chacun ses challenges mais qu’est ce que c’est bon!

  • Princesse Strudel
    9 juin 2016 at 13 h 27 min

    Bravo Elise, et merci pour ce récit!

  • Objectifs running de la rentrée – Thank God I run
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  • Pissenlit de lune
    29 novembre 2016 at 15 h 22 min

    Je découvre ton blog et c’est exactement ce que j’avais besoin de lire. Je me lance dans l’aventure triathlon avec pour objectif de finir le triathlon de Paris en juillet prochain.
    Merci pour ce récit, je vais éplucher les autres article:)

  • De la pugnacité (philosophie 1.0) – Thank God I run
    26 octobre 2017 at 17 h 56 min

    […] positive le plus intense de ces deux dernières années a été mon passage de la ligne de mon premier triathlon (où j’ai pleuré pendant 5 bonnes minutes). Immédiatement suivi par mon premier […]