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La formidable aventure du minimalisme, la suite

Les amis, me voici de retour, pas encore calée sur un rythme de sport hebdo, pas non plus sûre de quel engagement sportif je veux pour la suite, l’avenir nous le dira. En tous cas, dans ce que je sais, c’est que j’ai basculé du côté obscur de la Force sans retour possible.

L’autre jour, je racontais à ma copine Anne-Cha mes histoires de course à pied (autour d’un Monaco quand même, nan mais depuis quand t’as plus bu de Monaco ?)  et je lui disais pour lui expliquer le minimalisme « tu vois, c’est un peu comme si j’étais devenue une vegan de la course à pied. »

Et c’est clairement la sensation que j’ai. Avoir trouvé une façon d’être en course finalement mal connue, controversée, qui m’attire toutes sortes de remarques négatives mais aussi parfois de la curiosité ou de l’envie.

minimaliste

Mes 4mm, des Brooks que j’adore

Alors, qu’est-ce que ça veut dire exactement ? J’ai commencé à courir sans drop fin février, soit il y a finalement à peine deux mois. Deux mois, c’est court, on dit qu’il en faut minimum 6 pour atteindre la demi-heure peinard. Et de fait, pour le moment, je peux courir 30mn avec, mais encore au prix de grosses courbatures aux mollets le lendemain.

Depuis ces deux mois, j’ai alterné entre des sneakers de 4mm de drop et celles de 0mm, pour les sorties bien plus courtes et en commençant par 1km. Je tiens 14km sur une foulée avant-pied mais avec l’amorti de mes 4mm (et sans courbatures du coup).

Le point le plus important, c’est sans doute que je n’ai pas rechaussé de baskets maximalistes depuis. Même pas pour le semi du Half. Et je n’en ai aucune envie. En fait, comme tout bon adepte de sa nouvelle secte, je rejette en bloc mes anciens choix.

Je ne me vois plus poser le talon en premier pour courir, ça me semble une hérésie. Et oui, je sais, je sais, vous êtes nombreux à me dire qu’aucune étude n’a jamais rien prouvé concernant le minimalisme (honnêtement, je ne suis pas allée fouiller les dossiers de biomécaniciens du corps, je n’en sais rien), que l’on peut se blesser ultra facilement ailleurs (oui, je le conçois bien), qu’on ne peut pas faire du « long » en minimalistes (ça c’est faux, j’ai rencontré le vainqueur de la 6000D et il court sans drop), que ce n’est pas fait pour toutes les morphologies (qui vivra verra alors, mais je veux essayer) , que l’on peut attaquer avant-pied dans une basket maximaliste (j’ai lu pas mal de chose en sens inverse mais là encore, je ne suis pas une experte, grand bien te fasse si tu y arrives sans claquer 100 balles dans une nouvelle paire de pompes).

minimalisme

Inov8, la marque que j’ai choisie pour mes minimalistes de trail, special swim-run

En plus du traditionnel « Born to run » que tout nouvel adepte se doit d’avoir lu (le bouquin est incroyablement mal traduit, si tu comprends l’anglais je te le conseille en VO), je me suis penchée sur la littérature de Frédéric Brigaud, notre expert national du minimalisme que j’avais rencontré sur le salon de l’UTMB pendant que l’Homme courait.

A l’époque, je n’avais aucune idée de ce que c’était ou presque, j’en avais entendu parler comme d’un truc que certains de mes copains farfelus pratiquent et basta. En voyant ces drôles de baskets toutes chemo à 5 doigts, les kids ont voulu s’approcher du stand (je crois que Vibram distribuait des ballons aussi) et paf, conversation avec Frédéric, bim conversion.

Ma vocation tient donc à un ballon de baudruche.

Aujourd’hui, ce que je constate :

-pas d’amélioration sur la tendinite de la cuisse. Enfin les douleurs s’atténuent quand même progressivement à la marche (bizarrement je n’en ai pas trop en course) mais il n’y a pas d’avant-après fulgurant.
-en revanche zéro news de mon TFL récidivant, même sur 22km et ça c’est quand même LA bonne nouvelle du truc. Je ne sais pas si c’est dû à mon changement de foulée mais je suis prête à le croire.
-petit à petit, mon corps enregistre ces nouveaux gestes, je cours automatiquement sur l’avant, même si après 2km de nat, 86 de vélo et 14 de cap, j’ai préféré changer volontairement et reposer les talons pour me reposer justement.
-je sens une très grosse différence entre les sorties en 0mm et celles en 4mm, alors même que je m’efforce toujours d’avoir de petites foulées, rapides, transverse engagé et en utilisant mes bras. Je fais aussi attention à mon angle d’attaque et aux sensations. Je suis bien plus à l’écoute de mon corps depuis que je cours ainsi.

barefoot

Faire confiance à ses pieds

Cette semaine, j’ai eu envie d’aller un cran plus loin (en vrai j’en avais envie depuis longtemps) et je suis allée courir sans chaussures. Oui, pieds nus. Dans mon parc. Le bitume est impec, et comme dit l’Homme, c’est pas plus risqué que la chambre des enfants parsemée de Lego et de pin’s savamment laissés en plan, aiguille tournée vers le haut (je te jure, on en a trouvé.)

Les sensations étaient dingues, j’ai adoré sentir le sol sous mes pieds. Et oui, le bitume c’est dur, mais de ce que j’en ai lu, finalement courir pieds nus mais avec une position correcte permet de développer un amorti naturel plus efficace que celui qu’offre les chaussures maximalistes traditionnelles. Mouvements plus stables, tête et hanches en accord avec les pieds, le poids qui se  diffuse différemment sur le corps, tout cela participe finalement à un meilleur amortissement des chocs par l’ensemble de notre corps, et pas seulement les pieds.

Cherchez pas, je suis devenue prosélyte !

Et toi, ça te tente le minimalisme ou tu vois ça comme une mode qui passera aussi vite que Kilian sur le sprint final de l’UTMB ?

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4 Comments

  • Reply
    Emmanuel
    13 mai 2018 at 5 h 36 min

    Si en plus ça peut permettre un chrono minimaliste, c’est le pied !

  • Reply
    Chickruns
    14 mai 2018 at 10 h 46 min

    Bienvenue dans la secte!

    6 ans que je cours en minimaliste : je ne me sens pas vegan mais nudiste!!

    Depuis ce temps, pas une seule blessure (sisisisi!), alors que je sortais d’un an de kiné et de douleurs au genou à répétition.. Je ne suis pas experte mais bon..

    Pour la distance, sans faire des ultra, la distance marathon passe sans soucis et sur les trails (pour le moment pas plus de 36km) pas de problème non plus.

  • Reply
    Soleil
    14 mai 2018 at 13 h 13 min

    Je fais parti de celles qui sont allées trop vite, fracture de fatigue (la 1ère en 10 ans!) sur le 2e métatarsien au bout de 6 mois de course minimaliste. Comme toi, j’étais tellement contente d’en avoir fini avec mon TFL… Bref, super méga loose, 2 mois d’arrêt forcé, j’ai repris tout doux la semaine dernière avec amortis et je cherche un coach sur Paris pour repasser au minimaliste… Des idées?

  • Reply
    Princesse Strudel
    15 mai 2018 at 7 h 41 min

    Bonjour Elise,

    Très tentée par l’aventure, j’ai adopté une paire d’Altra (ah, la toe box… le rêve) et me suis lancée doucement, doucement… d’abord de la marche, ensuite une ou deux mini-sorties (moins d’un kilomètre…).
    Et pan, tendon d’Achille enflammé.
    Repos, reprise (juste la marche): hop, tendon d’Achille.

    Fin de l’essai. :-)

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