COURSES

J’ai été bénévole (la vraie histoire)

Depuis quelques mois déjà, ça me trottait dans la tête.

Je voyais les bénévoles pendant les courses que je faisais régulièrement, et je me suis dit qu’il ne fallait pas que ce soit toujours les mêmes, que si personne ne s’y collait il n’y aurait plus jamais de courses (mon côté mélo) et que ça me tenterait bien d’aller les aider.

J’ai donc choisi ma course avec soin. Une grosse parisienne, à la rentrée (je pensais naïvement passer la journée à bronzer au soleil, nan mais n’importe  quoi).

Comme j’étais censée courir le Paris-Versailles, j’ai choisi les 20km de Paris. J’avais de très bons souvenirs de cette course qui fut ma première « vraie » course (= de plus de 10km) et qui en inaugura beaucoup d’autres pour moi.

Je me suis donc inscrite fièrement au ravito du 10ème km. Je me voyais déjà encourager tout le monde et filer de la grenadine antioxydante à mes potes.

Bref, le fantasme total.
En guise de réalité est arrivée ma convocation quelques jours avant la course. J’étais attendue à 7h30 Porte d’Auteuil pour décharger des camions et autres joyeusetés. Soit.

Dimanche 6h du matin, c’est une Elise bien ensommeillée qui émerge et s’habille comme en janvier mais avec baskets et leggings, desfois que j’aurais une envie pressante de me mettre à courir avec un copain.

Je repère de loin l’attroupement des bénévoles (j’ai 10 bonnes minutes de retard, merci au bus 74 d’être interrompu dès 7h du matin).

Personne ne me salue. OK. J’ai peut être loupé le speech de départ. Je me présente au responsable, il me tend un coupe-vent en taille S (qui va à mon homme de 1,83m).

photo-5

Un camion arrive : personne ne nous dit qui doit faire quoi donc on s’organise comme on peut : des chaines se forment pour décharger les palettes d’eau, des gens restent sans rien faire dans leur coin, faute d’affectation.

Toute l’installation sera sur ce mode: pas ou peu d’instructions, pas de postes définis. Je me retrouve aléatoirement à monter des tables, installer des gobelets, les remplir, au gré des places libres.

Ce faisant, je parle avec plusieurs personnes. La plupart ont déjà été bénévoles et… ne sont pas des coureurs !

Je me demande vraiment ce qui les amène là. il fait froid, on ne peut pas dire que l’ambiance soit dingue (les gens se parlent peu), le café et quelques croissants arriveront bien tard.

10h20: nos stands sont prêts, les premiers handisports arrivent. Je me suis mise en début de ravito en espérant voir quelques ami(e)s. Après le passage des kenyans, je tends des gobelets aux premiers coureurs.

photoEn temps que coureuse, je sais:

1/ qu’avoir des gobelets (et non une bouteille) au ravito est un calvaire
2/ que choper un gobelet en courant sur une table remplie, c’est mission impossible

Les coureurs arrivent vite mais j’essaie au maximum de leur tendre les gobelets tout en les encourageant. Si possible par leur prénom (écrit sur le dossard).

« allez Anne-Laure, ne lâche rien, t’as fait la moitié »
« vas-y Philippe, avec ton t-shirt de marathonien, ça va être facile pour toi« .

Les autres bénévoles me regardent comme une extraterrestre.

Je commence juste à apprécier ce moment et à devenir efficace quand le stock de gobelets sur ma table arrive à sa fin. Je m’attends à ce que les troupes postées derrière apportent du renfort mais elles ne sont pas assez nombreuses.

Les gobelets ne sont pas remplis assez vite et du coup, je me fais tancer:

« ne tends pas les gobelets, pas de temps pour les encouragements, laisse les coureurs se servir et va les remplir derrière« .

Super.

Notez bien que si on m’avait dit dès le début que je serais derrière à remplir des gobelets, je n’aurais pas moufté.  En tant que bénévole, tu fais ce qu’on te dit.

Mais je m’étais habituée au contact des coureurs, j’y mettais honnêtement tout mon coeur (si tu m’as vue, tu le sais), et je me suis trouvée très frustrée de laisser des rangs de gobelets en pâture aux coureurs.

La frustration a été encore plus grande quand on a manqué de gobelets après une heure. Les coureurs arrivaient, désespérés d’avoir de l’eau et… rien. Du coup, les bénévoles ont commencé à recycler les bouteilles de 1,5l qui avaient été jetées (vides) auparavant. Mais aussi les bouteilles du km 5 que les coureurs avaient jetées. Donc dans lesquelles ils avaient déjà bu. Note que c’était ça ou rien.

Note pour plus tard: toujours courir avec sa gourde d’eau sur soi

Et franchement, j’ai trouvé les athlètes super sympa.

Pas une insulte. Rien. A leur place j’aurais au minimum tapé les mecs du ravito.

En plus , apparemment, le même scénario avait déjà eu lieu l’année précédente, à croire que l’organisation n’apprend pas franchement de ses erreurs.

Vers midi et demi, nous avons regardé les derniers arriver (bien applaudis) et commencé à ranger.

A 13h, le rangement était loin d’être fini quand j’ai discuté avec des bénévoles qui partaient. ils m’ont dit:

« tu sais, ta mission se termine à midi, si tu ne pars pas, tu peux rester à ranger comme ça jusqu’à 16 heures…« .

C’est là que je me suis rendue-compte qu’en effet, beaucoup avaient déjà déserté.

Je suis donc partie sans annonce, avec un sentiment de raté.

Quand j’en ai parlé autour de moi, tout le monde m’a dit « mais évidemment, j’aurais pu te le dire que ça allait se passer comme ça » (ben, pourquoi tu me l’as pas dit alors ??)

Honnêtement, je ne sais pas à quoi je m’attendais.

Sans doute des rires, de la convivialité, de l’entraide dans les moments de stress. Rencontrer des coureurs passionnés, qui voulaient eux aussi rendre ce qu’ils avaient reçu. Je les ai peut-être tout simplement ratés.
Peut être n’ai-je pas mis assez de zèle pour discuter avec les gens, créer des liens, comprendre ce qui les faisait se lever à 6 heures du matin un dimanche.

En tous cas,  je ne suis pas prête à recommencer de si tôt malheureusement. Ou alors avec une amie, en plein été mais pas au ravito.

Et vous, avez-vous déjà eu une expérience de bénévole ? A t’elle été plus positive que la mienne ?

 

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8 Comments

  • Reply
    Geneviève
    20 octobre 2015 at 7 h 08 min

    Je découvre ton blog… J’aime beaucoup le ton.
    Mon truc à moi, c’est la marche (nordique ou au long cours, c’est selon).
    UNE seule expérience de bénévolat pour un semi dans mon bled.
    Pas sympa du tout. On s’est même fait engueuler par 2 ou 3 coureurs (gobelets pas bien disposés, plus de banane et que sais je encore…)

  • Reply
    Chickruns
    20 octobre 2015 at 10 h 02 min

    Je suis toujours hyper reconnaissante envers les bénévoles… mais c’est vrai que mes « préférés » ce sont ceux qui ont le petit mot d’encouragement, le petit sourire qui va bien….(et tu dois le savoir en tant que coureuse)

    Dommage que ton expérience de « l’autre côté » ait été aussi désastreuse…mais pour les coureurs tes encouragements et tes sourires ont été un soutien précieux, je t’assure!

  • Reply
    Nini99
    20 octobre 2015 at 14 h 55 min

    Une seule experience de benevolat pour une course (marathon de Geneve), et le meme ressenti que vous : accueil absolument pas convivial, aucun echange, quasiment aucune instruction, postee a la « securite » (en gros eviter que les pietons ne traversent n’importe comment sur le parcours – mais les pietons se fichent totalement de ce qu’on leur dit), et postee a un endroit different de la copine qui etait venue avec moi pour que ce soit plus sympa…. Et aucun remerciement au depart bien evidemment….

  • Reply
    Ma fine bouche
    25 octobre 2015 at 19 h 27 min

    J’apprécie ton compte-rendu peu banal, mais très intéressant. En effet, j’envisage de faire une journée de bénévolat parce que j’estime que j’en bénéficie largement à chacune de mes courses. Ton retour d’expérience est édifiant, je pense que je porterais mon choix sur une plus petite course dans mon cas.

  • Reply
    Jwann
    26 octobre 2015 at 21 h 54 min

    J’ai pensé à cet article pendant mon dix km de dimanche : les bénévoles qui tendent les gobelets sont vraiment les meilleurs et les gens qui encouragent également :)

  • Reply
    Luce
    28 octobre 2015 at 12 h 44 min

    Tu as été un peu déçue de cette expérience, dommage, car tu y as visiblement mis beaucoup d’enthousiasme et de coeur.
    On a du se croiser et je te remercie mille fois, tout comme tous les autres bénévoles, de rendre ces moments si chouettes, si j’avais su, j’aurais un peu mieux regardé les visages à ce fameux ravito en essayant de choper un gobelet ;-)…

  • Reply
    sytelemark
    30 octobre 2015 at 18 h 13 min

    wahou heureusement que les bénévoles sont là.

  • Reply
    zab
    14 novembre 2015 at 22 h 02 min

    Malgré cette mauvaise expérience, il ne faut pas renoncer au bénévolat sur les courses. Chacun a un rôle important pour le bon déroulement d’une course, surtout ceux que l’on ne voit pas forcément. De mon côté, j’ai renouvelé l’expérience plusieurs fois sur une marathon en province (marathon de Cheverny) et ce fut à chaque fois une très belle expérience !

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